Coopération Cameroun –PNUD : Le rapport d’étude sur l’évaluation du financement du développement présenté à Yaoundé.

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L’hôtel Hilton de Yaoundé a abrité le Jeudi 12 Mars, l’atelier de présentation du rapport de l’étude sur l’évaluation du financement du développement au Cameroun.

Cérémonie co-présidée par le Ministre de l’économie, de la planification et de l’aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey et le ministre délégué auprès du ministre des finances, Yaouba Abdoulaye, en présence de la coordonnatrice résidente du système des nations unies au Cameroun, Allegra Maria Del Pilar Baiocchi, du représentant résident du PNUD, Jean Luc STALON et d’autres membres du gouvernement. Le secrétaire général du Minepat, Jean TCHOFFO, co-président du groupe de travail de préparation a fait une présentation sur la méthodologie générale d’élaboration de DFA et des principaux résultats. Quelques constats ont été faits, le premier constat c’est que comparativement à d’autres pays africains, de niveau de développement semblable, le taux de pression fiscale reste faible au Cameroun, 15% de taux de pression fiscale par rapport à 35% au Botswana, en Namibie, 32% aux Seychelles, 28% en RSA, 22% au Rwanda et 18% au Kenya. Quant aux taxes sur le revenu des profits et de gains en capital, 4,5% au Cameroun contre 15% en RSA, 13% en Namibie et 10% au Botswana. « L’accroissement du taux fiscal ne veut pas dire augmentation du taux d’imposition mais davantage résulter d’une meilleure efficacité dans la technique et les instruments de collecte et de l’élargissement de l’assiette qui constamment réduite du fait de la prédominance du secteur informel. » souligne le SG du Minepat qui indiqu’une « étude nous montre qu’en Afrique, le secteur informel utilise près de 90% de ses compétences et représente 40% du PIB contre 15% dans les pays de l’OCDE, nous avons noté une accélération des emprunts auprès des créanciers privés et une augmentation significative des prêts non concessionnels depuis 2015 pour ne citer que ceux-ci. »

Face à cet état de choses, plusieurs pistes de solutions sont proposées à savoir la mobilisation des recettes budgétaires à travers notamment la mise en œuvre progressive des recommandations du rapport 2018 sur la dépense fiscale de manière à ne maintenir à terme que celles des mesures dont l’impact positif sur l’économie est avéré. « C’est un sujet très important parce que malheureusement ces dépenses concernent les produits de première nécessité (comme le riz) et de lutte contre la pauvreté et ça rend la mesure difficile à prendre. Car nous faisons la promotion du riz local mais en même temps nous voyons bien qu’à travers la fiscalité que nous subventionnons les importations du riz. Le rapport fait le constat que nous faisons une chose et son contraire. Pour ne citer que ces quelques exemples. » relève Jean Tchoffo.

Réactions
Jean Luc STALON, représentant résident du PNUD.
« Nous venons de lancer l’étude sur le financement du développement au Cameroun. Une étape très importante pour améliorer l’efficacité de la mobilisation des ressources nationales et internationales pour le financement du développement au Cameroun. Je voudrais au nom du PNUD féliciter le gouvernement pour avoir accompli cette étude qui articule certains nombres de recommandations clés qui vont permettre au gouvernement de prendre un certain nombre d’actions pour améliorer la mobilisation des ressources pour le Cameroun. Je le dis d’autant plus que nous rentrons dans les 10 dernières années cruciales 2020/2030 pour la réalisation dans le monde des ODD. Qui dit réalisation des objectifs de développement durable dit financement nécessaire pour la mise en œuvre. Il y a également à coté des ODD, les priorités du gouvernement du Cameroun pour atteindre l’émergence 2035 par conséquent cette étude que nous venons de lancer sous l’autorité du Minepat est une étude très importante, pratique et concrète qui va permettre d’améliorer. Le Cameroun reste en deçà de la pression fiscale avec un taux pression faible par rapport à la sous région car l’augmentation du taux fiscal qui veut dire améliorer et harmoniser la collecte des ressources nationales et internationales pour améliorer le financement du développement. C’est ainsi que le PNUD a été aux cotés du gouvernement main dans la main pour l’accompagner à la réalisation de cette étude. »

Alamine Ousmane Mey, Minepat.
« Permettez-moi d’abord de saluer l’appui que le Cameroun a reçu du PNUD dans la réalisation de cette importante étude d’évaluation des financements dans notre pays. Cette étude part de l’engagement pris en 2015 par le chef de l’état lors du sommet à Addis-Abeba d’évaluer les financements tel qu’il est mobilisé pour réaliser les ODD. Aujourd’hui nous sommes à 10 années du terme de l’agenda 2030 et nous avons également constaté le rôle crucial que jouent les ressources financières pour l’atteinte de ces objectifs pour notre pays en particulier. Tout ceci a été fait de manière participative en incluant, le secteur public, les OSC, le secteur privé et les partenaires techniques et financiers au développement. Il se dégage quelques constats pour lesquels des recommandations ont été faites (besoin pour les Etats d’avoir les ressources propres en interne). Il faut veiller à ce que toutes les autres sources de financement disponibles puissent être utiliser de la manière la plus efficace possible. Et à cet égard, les six recommandations qui ont été faites, nous permettent de dire que le Cameroun est sur la trajectoire qui conduit vers l’émergence mais doit également faire des efforts additionnels. Il s’agit en premier lieu de l’élargissement de l’assiette fiscale, nos ressources sont en grande partie non concessionnelles qui ajoute à la dette publique une dimension service de la dette plus lourde. Il est donc question dans le cadre de cette démarche, d’élargir les sources de financement concessionnel et de mobiliser les instruments alternatifs tels les PPP (partenariat public-privé) pour réaliser nos objectifs de développement tels construction d’infrastructures, formation du capital humain, amélioration du climat des affaires… Il est important de relever le taux d’épargne et du taux de bancarisation. Cette démarche permettra au système financier de mettre sur le marché des ressources additionnelles pour financer le développement. Enfin notre pays même s’il bénéficie du concours de lutte contre le VIH, la Tuberculose, il existe des fonds non encore utilisés tels que le fond vert, pour la lutte contre les changements climatiques autant de ressources que le Cameroun pourrait utiliser de même que l’intégration sous-régionale.»

Clément NOUMSI

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