Cameroun: Ministère du travail et de la sécurité sociale : voici le bilan 2019 des activités et plan d’actions 2020

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« Problématique de la performance du sous-secteur travail et sécurité sociale et les actions stratégiques à mener », était le thème général qui a alimenté les travaux de la conférence annuelle des services centraux et déconcentrés, qui ont permis de faire le bilan des activités menées en 2019 et d’élaborer le plan d’actions 2020.

Le ministre du travail et de la sécurité sociale, Grégoire OWONA a présidé les assises, le vendredi 3 janvier 2020, dans l’’amphithéâtre de l’ENAM. C’était en présence du directeur pays du bureau BIT Yaoundé, du directeur général de l’ENAM, du directeur général de la CNPS, du représentant du Cradat et de ses principaux collaborateurs des services centraux et déconcentrés.

une vue des responsables du Mintss

Bilan des activités menées en 2019

Le ministère du travail et de la sécurité sociale (Mintss) s’est attelé au cours de l’année 2019, qui a coïncidé avec la commémoration du Centenaire de l’Organisation Internationale du Travail, à mettre en œuvre différentes mesures visant à atteindre son objectif stratégique qui est de promouvoir une sécurité sociale de qualité pour tous, et le travail décent dans tous les secteurs d’activités. La réalisation de cet objectif au cours de l’exercice 2019 s’est traduite par la mise en œuvre de trois programmes à savoir la promotion de la sécurité sociale pour le plus grand nombre, l’amélioration de la protection du travail et l’appui institutionnel au sous-secteur travail et sécurité sociale. Ceci se traduit par un taux de couverture sociale de 22,7% grâce à l’immatriculation de 45 485 nouveaux assurés obligatoires et près de 18 096 nouveaux assurés volontaires. Dans le cadre de la prévention des risques professionnels,  près de 5 269 visites d’inspection en entreprises ont été faites. La santé du travailleur étant une priorité, au sein des entreprises, le Mintss a procédé à la création et/ou au renouvellement et à l’installation de 236 comités d’hygiène et de sécurité (CHS) au sein des entreprises assujettis ainsi qu’à l’évaluation du fonctionnement de 50 CHS. De même, 23 agréments en Médecine du travail et 93 conventions de visites et de soins ont reçu leurs autorisations. Près de 134 personnes relevant de l’administration centrale suivent des cours de formation dans le cadre de la promotion du bilinguisme sans oublier la connexion des délégations régionales aux services centraux par la fibre optique. Bien que des choses intéressantes aient été entreprises, il n’en demeure pas moins que beaucoup reste à faire.

photo de famille

Plusieurs recommandations ont été formulées à la fin de la conférence parmi lesquelles : le renforcement des capacités de collecte des unités de production informelles visant à l’utilisation des outils modernes de gestion ; l’affiliation de leurs employés au système de sécurité sociale à travers la mise en place d’une plate forme de communication entre l’Etat, le promoteur et les associations ayant des connexions avec la main d’œuvre exerçant dans l’économie informelle ; la mise en place des partenariats entre la CNPS, les mutuelles sociales et les organisations socioprofessionnelles des unités de production informelle  pour faciliter la sensibilisation et l’affiliation à l’assurance volontaire.

perspectives 2020

S’agissant des relations professionnelles, il faut poursuivre en diversifiant le renforcement des capacités des inspecteurs du travail et entamer une réflexion sur l’encadrement légal et volontaire des formes atypiques et légales des contrats de travail. Dans le domaine de la santé et la sécurité au travail, il est question de procéder à la lecture, à la validation tripartite et à l’adoption des textes en santé et sécurité au travail prioritairement ceux à caractère technique  et opérationnel ; poursuivre le recrutement et l’affectation des spécialistes de l’inspection médicale du travail ; poursuivre la réflexion de la mise en place des unités de pathologie professionnelles dans les hôpitaux de référence ; poursuivre l’activité d’évaluation des comités d’hygiène et santé (CHS) sur l’ensemble du territoire national et l’étaler tout au long de l’année en associant davantage les services déconcentrés pour un meilleur suivi.  Dans le cadre des normes de la coopération internationale du travail, il faut proposer une stratégie nationale de coopération en matière de travail et de sécurité sociale en liaison avec les structures techniques du Mintss, du Minepat et le BIT ; identifier les problématiques spécifiques du Mintss et élaborer les documents y relatif afin que ces problématiques puissent être  pris en compte dans les projets soumis aux partenaires techniques et financiers par le Minepat.  Pour finir dans le cadre de la gestion du personnel même, il faut procéder à l’archivage et à la numérisation des actes de carrière du personnel du Mintss; renforcer les capacités des cadres et agents dans l’utilisation des applications utiles (SIGIPES et ANTILOPE) etc.

Clément NOUMSI

Réactions

 Grégoire OWONA, ministre du travail et de la sécurité sociale.

« J’attends de mes collaborateurs qu’ils soient réceptifs aux directives et recommandations, travaillent en synergie et de façon diligente dans le traitement des dossiers dans un esprit proactif pour la satisfaction des usagers sur tout l’ensemble du territoire national. J’exprime ma gratitude aux partenaires sociaux pour leur sens de responsabilité dont ils font continuellement preuve et au rôle essentiel qu’ils jouent dans la préservation de la paix sociale tout en défendant les droits des travailleurs qu’ils représentent à travers un dialogue social systématique et permanent.»

Antoinette MESIAME TANGONO épse EKOAN, présidente de la confédération camerounaise du travail.

« Nous avons cette chance au Cameroun que le mIntss soit le seul ministère tripartite (gouvernement, travailleurs et employeurs). Nos attentes vont dans l’amélioration des conditions de travail, de vie de nos populations mais surtout que la protection sociale ne soit plus un vain mot 22% de couverture sociale, c’est mieux que rien mais il y a du boulot car les travailleurs doivent être protégés. Nous devons tout mettre en œuvre pour atteindre au moins 80% de couverture car tant que les travailleurs ne seront pas tous couverts, les risques de maladies professionnelles et d’accident de travail sans prises en charge. Notre rôle c’est de rappeler cela au gouvernement . Il ne faut pas oublier les conditions de travail dans les entreprises qu’il faut améliorer et cela relève de l’inspection du travail pour amener les employeurs à respecter la réglementation. Nous espérons que 2020 sera plus sereine avec moins de mouvements d’humeur »

 

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