CAMEROUN : Lutte contre les mutilations génitales féminines : Le gouvernement camerounais en appelle à un regain de conscience.

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L’appel a été lancé jeudi dernier à Yaoundé, par la ministre de la promotion de la femme et de la famille, Marie Thérèse Abena Ondoua, au cours d’un point de presse.

C’était à l’occasion de la commémoration de la 13e journée internationale tolérance zéro aux mutilations génitales féminines, placée cette année sous le thème « investir dans les adolescents, filles et garçons, à travers la formation et l’information afin d’assurer l’atteinte de l’objectif tolérance zéro aux mutilations génitales féminines. » Au cours de cette édition 2020, l’accent sera mis sur d’une part sur la prise de conscience collective quant à la promotion de cette frange de la population dans tous les domaines de la vie nationale, et d’autre part sur la sensibilisation en vue du changement des comportements et la vulgarisation des articles 277 et suivants du nouveau code pénal qui réprimerait cette forme atroce de violence à l’égard des filles.

Instituée le 6 février 2003 par la communauté internationale avec l’appui du comité interafricain de lutte contre les pratiques traditionnelles néfastes, cette journée a pour but d’intensifier l’action mondiale en faveur de l’élimination des mutilations génitales féminines. Selon un rapport publié en 2011 par l’EDS-Mics, le taux de prévalence de ce phénomène sur l’ensemble du territoire national est de 1,5%, et dans les zones foyers de 20%.

Les mesures prises par le gouvernement.

Au cours des 10 dernières années, les actions engagées par le gouvernement camerounais pour juguler ce phénomène, ont porté sur la prévention à travers des activités de sensibilisation et de plaidoyer ; le renforcement du dispositif institutionnel de prise en charge des victimes par la mise en place des comités locaux de lutte contre le fléau dans les zones foyers. En outre, des plateformes d’interventions ont été élaborées dans la perspective d’une prise en charge intégrée, multisectorielle et coordonnée du phénomène et d’intéressantes synergies ont vu le jouir entre le parlement, le gouvernement, les leaders communautaires et les organisations de la société civile.
Toutefois, ce phénomène persiste malgré cette réponse du gouvernement. A cet effet, la ministre de la promotion de la femme et de la famille en appelle « à un regain de conscience et rappelle que la loi n°2016/007 du 12 juillet 2016, marque la fin de l’impunité. » Marie Thérèse Abena Ondoua prévient que « nul n’est sensé ignorer la loi, et interpelle tous les acteurs publics et privés et les adolescentes, en vue d’une conjugaison d’actions en faveur de l’éducation, la formation et l’information de la fille et du garçon à tous les niveaux »

 

Les mutilations génitales féminines désignent toute opération réalisée sur l’appareil génital de la femme, sans justification aucune ni prescription médicale et dénaturant ainsi la configuration naturelle de l’appareil génital. Douleurs atroces, hémorragie, exposition aux IST et VIH/SIDA, rapport sexuel douloureux, accouchement à risque sont entre autres les conséquences de ce phénomène néfaste.

Camer Press Agency

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