US ET COUTUMES BAMILÉKÉ: Le NKOU’NGA’ : COSTUME ET INITIATION (Partie 2)

Chers lecteurs de Camer Press Agency. Nous avons l'insigne honneur de continuer à publier ces articles hors-série sur notre culture et nos traditions. L'objectif est d'informer la jeune génération sur le pourquoi et le comment des us et coutumes du pays de nos ancêtres. Nous continuerons à parler de la société secrète Nkou'nga', chez le peuple Bamiléké, à l'ouest du Cameroun.

0
613
Une partie de la danse lors des funérailles d'un membre . A l’origine c’est une association des vampires qui se regroupaient pour régler entre eux leurs différends mystiques. Avec la mutation des sociétés traditionnelles ils ont créé une danse comme moyen d’expression et de démontrer de leur puissance et pouvoir mystiques d’où l’appellation « koungang » qui signifie danse des méritants (mystiquement). C’est la plus grande danse traditionnelle mystique, la société secrète la plus puissante de toutes les chefferies traditionnelles du peuple Bamilékés dans la région de l’Ouest Cameroun. Cette danse des initiés est mixte et. les initiations se font directement au cours d’une partie de danse. De nos jours elle joue un rôle majeur dans le développement et l’émancipation socioculturel et économique, car par la somme des pouvoirs des différents membres elle assure la protection et la purification, de l’ensemble du village, exorcise et rend justice gage de la cohésion sociale et l’éclosion des talents dans tous les domaines. «Le Koungang » ne s’exécute pas n’importe comment. elle se danse lors des occasions bien précises : funérailles d’un membre du clan décédé, évènement d’importance capitale à la chefferies, comme l’intronisation d’un chef, cérémonies à caractère exorciste ou de justice .Il n’y a pas de simultanéité avec d’autres danse elle se danse pour clôturer les cérémonies

Chers lecteurs de Camer Press Agency. Nous avons l’insigne honneur de continuer à publier ces articles hors-série sur notre culture et nos traditions. L’objectif est d’informer la jeune génération sur le pourquoi et le comment des us et coutumes du pays de nos ancêtres. Nous continuerons à parler de la société secrète Nkou’nga’, chez le peuple Bamiléké, à l’ouest du Cameroun.

LES DIFFÉRENTES PHASES DE L’INITIATION 

L’ADN

Quand nous voyons que c’est seulement au 20ème ou au 21ème siècle que les scientifiques, Interpol et autres polices criminelles, la médecine et autres administrations arrêtent les malfrats et autres gangsters à col blanc ou catégorisent le genre humain à partir de leur ADN, je pleure à chaudes larmes le fait que nos ancêtres n’ont pas connu l’écriture ou qu’ils aient opté pour l’oralité en matière de transmission de leurs testaments.

Lorsqu’un enfant venait au monde, les prêtres et prêtresses, les membres des sociétés secrètes, les sorciers et autres voyants le prenaient en main et après l’avoir examiné, déterminaient son ADN et prédisaient en même temps son avenir !

L’enfant qui est appelé à remplacer son père dans le NKOU’NGA’  quand ce dernier aura avalé son acte de naissance est connu à sa naissance comme tel. Le père lui donne, avant sa première goulée de lait, quelques gouttes d’un remède amer pour le préparer à affronter les dures épreuves que subit un soldat (NKOU’NGA’). Et, tout au long des mois qui suivent, les membres de la confrérie, sous prétexte de venir voir l’enfant, viennent vérifier si vraiment il est « le chien de race ». Après que tous aient vu l’enfant, et lors d’une assemblée plénière, on dit, au cours d’une conversation à bâtons rompus, ces mots énigmatiques au père : « C’est lui ». Ce dernier de retour chez lui commence à traiter son rejeton d’une certaine manière.

L’ÉDUCATION

L’éducation d’un enfant appelé à siéger un jour dans le cercle élitiste de cette auguste société se fait selon des normes très strictes et graduelles pour lui éviter de tomber dans les vices, errements et pièges qui le tueront plus tard s’il s’y laisse prendre.

En effet, dans ce cercle fermé, tout acte négatif est haute trahison, tout comportement délictueux est impardonnable et la seule sentence est la peine de mort. Jusqu’à l’âge de dix-huit ans, il est élevé dans l’ascétisme, l’abstinence, l’humilité, le sens de l’écoute, de l’observation et d’attentisme. On lui enseigne comment éviter les sept péchés capitaux, comment se comporter avec les supérieurs, comment faire les civilités au roi et aux notables, comment donner le respect aux veuves et aux personnes du troisième âge. Il ne vit que rarement dans la concession familiale; on l’envoie vivre chez un ami de la famille dont on connaît l’avarice et la simplicité pour un certain nombre d’années. On l’envoie vivre chez un père veuf pour qu’il apprenne à cuisiner, à dormir sans femme, à se débrouiller sans compter sur une quelconque main bienveillante ou généreuse. On l’envoie vivre chez une veuve âgée et là il apprend à réparer le toit et les murs, à aller au champ pour chercher sa pitance et celle de son hôtesse, et à se confectionner un lit sur pilotis. Parfois quelqu’un vient discrètement une nuit faire tomber un pan du mur de la maison et il est obligé, le lendemain de fabriquer des briques pour recoller les morceaux tout en maudissant ces criminels qui ne respectent pas les propriétés privées…

Après cette formation qui fait de lui un homme à peu près complet, il revient chez eux et devine intuitivement qu’il ne peut plus dormir dans la même case que ses parents, et, en moins de deux jours, il coupe les bambous pour se faire une petite hutte à quelques encablures de la case paternelle. Les gens apprécient son dynamisme à la grande satisfaction de ses géniteurs et des membres du NKOU’NGA’. Les gens ne le félicitent pas, mais l’encouragent à faire mieux et à se marier.

Puis un beau matin, jour de l’assemblée hebdomadaire qui se tient toujours le jour sacré, le père demande à son fils de porter sa grosse calebasse de vin blanc pour l’accompagner quelque part. L’enfant exécute la volonté paternelle, porte le colis et le suit jusqu’au lieu où siège la réunion. Il s’arrête dans la cour et quelqu’un sort pour venir le décharger de son fardeau, sans le saluer ni dire un mot à son père. Le père lui montre un endroit pour s’asseoir et l’attendre pour qu’ils rentrent, puis entre dans la salle de réunion. Pendant ce temps, les gens qui sont dedans observent le comportement de l’enfant et, aussi longtemps que dure la séance, quelqu’un sort de temps en temps comme pour aller se soulager et analyse le comportement de leur futur membre. Ce scénario se déroule ainsi pendant au moins trois ou quatre fois et un jour, le père sort avec des victuailles emballées dans une feuille de bananier et une petite calebasse de vin qu’il lui donne à porter. Arrivés à la maison, loin des regards indiscrets, ils se partagent les victuailles et le vin, comme de vieux amis. L’enfant a donc mûri et est jugé digne d’être l’héritier testamentaire de son père au sein de la confrérie.

Il est à noter que l’héritier du père dans la confrérie du NKOU’NGA’ n’est pas nécessairement celui qui succédera au père après sa mort comme chef de famille.

(à suivre…)

TAANI TAA SIEYADJE Charles, Le Scribouillard.

Nous n’avons pas l’intention d’être parfaits ni complets, nous attendons vos contributions dans les commentaires ou par e-mail (contact@camerpressagency.com). Vous pouvez nous envoyer aussi vos articles ou alors nous proposer des sujets dans votre entourage et nous vous guiderons pour les collecter et publier sur notre journal.

Surtout, abonnez-vous et aimez nos pages Facebook (@camerpressagency) et Twitter (@CamerPresAgency).

Publicités

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.