US ET COUTUMES BAMILÉKÉ : LA POULE DE DIEU « NGOPSIE ». (Hors Série)

Nous disions, dans une précédente publication, que le Noir BANTOU, Bassa, Bamiléké, Maka, Bulu, était un digne frère de Jésus, un descendant pur sang des hébreux. Le rite traditionnel de la Poule de Dieu, est une espèce de sacrifice que l’on offre en cas de nébuleuses dans ses affaires, d’obscurcissement ou de navigation à vue dans le quotidien, ou encore en cas de démarrage d’une activité engageant le destin de la personne qui veut offrir ce sacrifice.

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Nous disions, dans une précédente publication, que le Noir BANTOU, Bassa, Bamiléké, Maka, Bulu, était un digne frère de Jésus, un descendant pur sang des hébreux. Le rite traditionnel de la Poule de Dieu, est une espèce de sacrifice que l’on offre en cas de nébuleuses dans ses affaires, d’obscurcissement ou de navigation à vue dans le quotidien, ou encore en cas de démarrage d’une activité engageant le destin de la personne qui veut offrir ce sacrifice.

L’origine du rite de la Poule de Dieu se situe aux temps reculés des Pharaons, d’Abraham, de Moïse et autres Rois qui inondent la Bible de Jérusalem. Le rituel même de la Messe ou du culte que les chrétiens célèbrent de nos jours découle du rite de la Poule-de-Dieu.

Comme notre pays est rempli de charlatans de tous bords, et spécialement chez nous ici dans l’Ouest du Cameroun, ils ont vite fait de persuader le peuple affamé, brisé, mal aimé, empêtré dans des problèmes moraux, familiaux, matrimoniaux, politiques, pétri d’ambitions, d’aller faire ce rite d’offrande de la poule-de-Dieu aux ancêtres. Mais alors qui doit offrir la poule-de-Dieu et à qui doit-il donner ou offrir? C’est ici que commencent les déviances, les entourloupes, les manigances alchimiques et démoniaques pour se faire du beurre sur le dos du pauvre peuple. Ne dit-on pas chez nous que les malédictions et autres calamités ne poursuivent que les manants et les lépreux économiques ?

QUI DOIT FAIRE LE RITE D’OFFRANDE DE LA POULE-DE-DIEU ?

Ce rituel, qui est à la fois un acte expiatoire et un acte d’action de grâce, doit être pratiqué par le natif du village, d’une concession, d’une ethnie ou tribu au moins une fois dans sa vie, pour solliciter la main et la bonté de Dieu en cas de poisse, d’insuccès, de déboires et de déceptions multiformes ou pour remercier les dieux et les ancêtres de nous avoir comblés des biens matériels et immatériels (fécondité, richesse, nominations aux postes prestigieux, etc.)

Avant de continuer à expliciter, ce rite, il convient que je vous raconte une anecdote qui aidera le lecteur à mieux s’imprégner de nos us et coutumes qui n’ont rien à envier au rite chrétien. Deux ou trois jours après le sacre de Mgr Abraham KOME, Evêque du jeune Diocèse de Bafang, je suis venu à l’Evêché pour le soumettre aux feux de mes questions en qualité de journaliste. J’avais donc avec moi mon dictaphone qui était ultrasensible –mes amis les mazembé m’ont aidé à le conserver définitivement dans leur musée. Un infirme est venu soumettre son problème au nouvel Episcope et je lui ai cédé ma place par civilité et bienséance en oubliant de fermer mon outil. Il a posé cette question au jeune évêque : « comment dois-je prier, MGR, pour que Dieu exauce mes prières ? » 

Réponse de l’Evêque: « la prière est une conversation entre ton Créateur et toi, tu dois entrer dans ta chambre et parler avec ton Dieu comme nous nous parlons là maintenant… Il n’y a pas de formule magique ou standard pour s’adresser à Dieu… »

Ce qui m’a plu dans les propos de ce jeune évêque, c’est qu’il n’a pas conseillé à l’infirme d’aller réciter le Pater Noster, Ave Maria et autres Gloria ; il ne lui a non plus dit d’aller à la messe tous les matins, de faire des offrandes et de confessions, mais d’aller dans l’intimité parler avec son père, son Dieu.

Le rituel de la POULE DE DIEU ‘NGOPSIE’ procède de la même logique que l’Evêque a conseillée à l’infirme. Nos vénérables et vénérés ancêtres qui avaient la crainte de Dieu dans le sang et dans le cœur, savaient qu’il existe des situations, des événements ou de faits qui dépassent l’entendement des hommes, la compréhension et la science des érudits, la force des plus grands maîtres de tous les arts.

Ils s’en remettaient donc pour les crimes et autres ignominies humaines à l’Ordalie, pour le devenir et le bonheur de la cité et de leur descendance, à la volonté du Souverain des Souverains en lui offrant la poule de Dieu, le NGOPSIE au cours d’une cérémonie ou d’un rituel synchronisé et planifié depuis la nuit des temps. Quand nous voyons aujourd’hui, les évêques, les prêtres et autres pasteurs, les charlatans ou autres néophytes de sorcellerie ou des traditions exorciser, bénir, sanctifier les personnes et les biens sans s’inspirer de ce que faisaient nos aïeux, nous sommes en droit de nous poser la question de savoir pourquoi on parle d’inculturation !

Les offrandes et quêtes –généralement en espèces sonnantes– que les prêtres et pasteurs reçoivent aujourd’hui dans les chapelles, les temples et les églises sont une réplique exacte des corbeilles d’igname, de volailles, d’œufs, de chèvres, de pistache et d’huile que les concernés offraient lors des obsèques, des mariages, des funérailles, des cérémonies d’exorcisme, de bénédiction et autres.

À mon corps défendant et sans prétention aucune de donner des leçons, je propose aux différentes églises, congrégations et sectes opérant en Afrique de modifier un peu le protocole des cérémonies, du moins pour certains de leurs offices. Par exemple, comment peut-on faire les offrandes et autres au cours d’un culte ou d’une messe quand le corps humain qu’on doit honorer est exposé devant le public ? Cela coûterait quoi de ramasser cet argent après avoir enterré dignement le de cujus ? Pourquoi demande-t-on aux familles, amis et connaissances éplorés de sortir de l’argent pour la construction des églises, l’acquisition de bancs et autres intentions de messe pendant que le cercueil du disparu ou de la disparue est au milieu du peuple de Dieu venu lui dire les derniers adieux avant de faire les témoignages ou l’absoute ? Ne pourrait-on pas collecter cet argent avant le culte ou après l’inhumation ? Pourquoi mélange-t-on César et Dieu au cours des cérémonies religieuses, surtout dans les moments de profondes douleurs ? Les différents synodes évangéliques, diocésains et autres devront se pencher sur ce genre de pratique qui va en contradiction avec les saintes écritures ; je cite comme ceci de mémoire et sans être théologien les paroles du Christ « ‘Ne faites pas de ma maison de mon père…. ‘ ‘Rendez à César ce qui et à César et à Dieu’… ». Quand les billets de banque dansent la Saint-Guy en plein milieu du temple et autour des cercueils… Cela fait un peu chiffon.

Pour en revenir à la POULE DE DIEU ‘NGOPSIE’, l’officiant doit être membre de la famille de l’individu qui va faire l’offrande et être habilité et oint. La cérémonie doit se passer dans la concession familiale avec l’aval de l’héritier ou du régent des lieux. La présence d’un Tradipraticien n’est requise que pour la régularité du rite et la confirmation du protocole. Il ne doit pas toucher les holocaustes…

Au cours de cette cérémonie, des incantations (litanies des grandes personnalités de l’arbre généalogique de la famille) sont prononcées par le régent ou l’héritier de la concession, les mères de jumelles ou de jumeaux, les membres de la famille dotée d’une puissance naturelle ou d’une autorité reconnue, puis les offrandes sont préparées selon la grandeur du demandeur et la forme de la demande. Il est à noter que le demandeur pour qui la cérémonie se déroule ne doit pas avoir des relations sexuelles (même légales et légitimes) la veille et le jour qui suit cette cérémonie. Ceci pour que les ancêtres, les anges et le Créateur sachent qu’il est pur et comblent ses desiderata.

Si le demandeur a foi en sa tradition, si sa demande est sincère et si le protocole de cérémonie est bien faite, généralement le demandeur est comblé au bout d’un certain temps, car l’homme propose et Dieu dispose, et le temps de Dieu n’est pas le temps des hommes.

TAANI TAA SIEYADJE CHARLES, le Scribouillard.

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