Ségolène Royal : Ambassadrice de l’ « Alliance solaire internationale ».

« La décentralisation est indispensable dans le cadre du développement local ».

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« La décentralisation est indispensable dans le cadre du développement local ».

Armel Djiogue (Journaliste): Quel est l’objet de votre présence au Cameroun et plus précisément dans la ville de Bangangté ?

Ségolène Royal: « Il y a un projet qui a été mis en place pendant la conférence de Paris sur le climat avec l’association des femmes maires, que préside Célestine Ketcha Courtès. Nous avons apporté un financement dans le cadre de ce projet que nous avons jugé sérieux. Sur le terrain, nous avons des hommes et des femmes qui étaient prêts à déployer et à réaliser ce projet. Il a fait partie d’un des projets pilotes de l’application concrète de l’accès à l’énergie solaire et aux énergies renouvelables. Et je vais vous dire que le Cameroun est très mobilisé avec les grands projets d’hydroélectricité. Il s’agit d’un pays riche en rivière capable de produire l’énergie hydroélectrique . Bien évidement, il y a une pléthore de soleil et par conséquent, il y a toutes les conditions réunies pour produire de l’énergie solaire. On vient de voir l’emplacement des lampadaires solaires. Et ici sur le terrain de l’hôpital, on est sur le lieu de la mini-centrale solaire.

AD: Après les Cop21 et 22, quelle appréciation faites-vous du Cameroun dans ce processus ?

Ségolène Royal : Le processus est en train de s’accélérer au Cameroun. C’est le tout premier pays à signer et à ratifier l’accord de Paris. Le Cameroun adhère également à l’Alliance solaire internationale qui est surtout très important. Avec la décentralisation, les hommes et les femmes élus sur le territoire ou responsables des territoires se saisissent des projets d’énergie solaire. Car moi qui me déplace beaucoup à l’échelle internationale, je vois que quand le projet est juste plaqué sur le territoire, les choses qu’on n’aime pas, personne ne s’en occupe. Ici, ce qui est donc important, c’est que ce sont les responsables du territoire notamment au niveau de la mairie qui ont conçu le projet, au niveau du directeur de l’hôpital, c’est-à-dire des personnes qui vont suivre les projets et surtout réparer les équipements si jamais ils tombent en panne. Moi, j’ai vu des projets dans certains pays d’Afrique, qui sont tombés en panne, parce que les entreprises sont venues, elles ont proposé des lampadaires et après elles ont disparu. Aujourd’hui, ce qu’on demande au niveau de l’Alliance solaire, c’est de protéger les équipements de l’énergie solaire. Nous voulons que dans les contrats soient intégrés l’entretien et la formation professionnelle des jeunes pour entretenir les équipements solaires. C’est une source créatrice de ressources et des emplois. L’accès à l’énergie crée les emplois, l’entreprise, l’usage des téléphones portables, le travail pour les étudiants. C’est donc la révolution énergétique qui est en mouvement et qui donc l’accord de Paris sur le climat à la fois pour lutter contre les gaz à effet de serre, c’est l’énergie renouvelable donc c’est un potentiel qu’est le soleil qu’il faut transformer en énergie et donc une exigence de transfert de technologie entre les pays dits industrialisés, eux qui ont utilisé les énergies fossiles pour polluer la planète, qui sont responsables du réchauffement climatique, et les pays africains qui ne sont pas responsables du réchauffement climatique et subissent les conséquences avec justement la chaleur, la sècheresse et les déplacements des populations etc. C’est juste ce type de projet qu’il faut réaliser. C’est justement pour ça en tant que président de la Cop21, j’ai absolument voulu que l’Afrique soit une priorité dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat.

AD : Madame la présidente, au regard des partenariats que vous avez noué avec certaines collectivités territoriales décentralisées, est-ce que vous avez le sentiment que la décentralisation est capable de booster l’implémentation de ce type de projet ?

Ségolène Royal : Mon impression c’est que non seulement elle est la bienvenue mais aussi, elle est indispensable. C’est indispensable que ce soit le territoire qui prenne en main leur développement énergétique en appui bien évidement sur la dynamique nationale. Et c’est ce qui est en train de se faire ici avec la décentralisation. Il faut à la fois avoir un temps de la proximité et de la péréquation. C’est ça qui est très important. Tout le monde a le sentiment de recevoir les mêmes équipements et à l’entame des territoires dynamiques qui arrivent à se décider, qui arrivent se réunir et à se faire confiance, à travailler en équipe. Ils ont les chances supplémentaires. À ce stade, on a les chances supplémentaires, le travail en équipe, une solidité du territoire. C’est pourquoi quand j’ai vu la solidité des femmes maires qui m’ont sollicitées, mobilisées, je peux dire en ce moment que vous avez les gens extrêmement motivés sur le terrain et donc vous pouvez faire confiance entre les acteurs de terrain et les entreprises qui constituent la clé du travail.

Propos recueillis par Armel Djiogue

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