LUTTE CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES : L’ACCÈS AU FONDS VERT CLIMAT: UNE OPPORTUNITÉ ?

L’ACCÈS AU FONDS VERT CLIMAT RESTE UNE OPPORTUNITÉ DES RESSOURCES DE LA SAUVEGARDE DE LA NATURE, SOURCE DE DEVELOPPEMENT DURABLE AU CAMEROUN DANS LES STRATEGIES MISES EN PLACE POUR LA PROTECTION DE LA NATURE.

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Un atelier de sensibilisation et de renforcement des capacités sur le processus préparatoire de financement des projets relatifs à la lutte contre le changement climatique dans la zone agroécologique des Hauts Plateaux de l’Ouest, s’est tenu du 19 au 20 avril 2018 à Bafoussam. Cet atelier permet la mise en place des méthodes prioritaires nationales en phase avec le fonds vert climat (Fvc) en matière de lutte contre ce fléau. La mise en œuvre du programme d’appui préparatoire du Fvc vise à renforcer les capacités de l’autorité nationale, d’élaborer le plan d’action stratégique du Cameroun et de sensibiliser les parties prenantes nationales relativement à l’accès aux ressources dudit fond. Pour atteindre ces objectifs, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) est mise en contribution par le gouvernement camerounais dans ce processus.

Cet atelier entre dans le cadre d’une feuille de route implémentée par me ministère de l’environnement, de la protection de la nature et du développement durable (Minepded) visant à analyser les enjeux et les défis spécifiques de chaque zone agroécologique. La zone agroécologique des Hauts-Plateaux qui couvre les régions de l’Ouest et du Nord-Ouest se veut être une opportunité de sauvegarde de la nature au Cameroun. La participation et l’adhésion des acteurs de la zone Hauts Plateaux au processus de préparation à l’accès au Fvc est un atout pour la lutte contre les changements climatiques au Cameroun.

Le fonds vert climat est un mécanisme financier onusien crée en 2010 au Mexique ayant en son sein 194 pays dont le Cameroun. Son objectif est de réaliser le transfert de fonds des pays avancés à destination des pays les plus vulnérables afin de mettre en place des projets pour combattre les effets des changements climatiques.

Au cours des travaux de deux jours, la conservation et la gestion intégrée des Monts Bamboutos a été présenté comme une opportunité pour faire face au changement climatique dans la zone agro-écologique des Hauts Plateaux du Cameroun. « La physionomie des Monts Bamboutos se dégrade au fil du temps. En 2003, il y’a eu des éboulements avec mort d’hommes. Il y’a des pratiques agricoles qui y sont très intensifiées. Les populations s’y installent. Il est fortement dégradé à cause de mauvaises activités anthropiques. Il y’a le boom démographique qui pousse à la recherche de nouvelles terres cultivables et pour habitation. Les éleveurs y ont trouvé refuge. À la longue, cette situation génère des conflits entre éleveurs et agriculteurs. C’est d’ailleurs le constat pour les hauts Plateaux de l’Ouest en général parce qu’on a une petite région avec une population dynamique qui pousse les gens à s’installer dans les zones à risque pour l’agriculture ou pour se loger. Les forêts sacrées qui sont aujourd’hui attaquées », démontre Jean-Fanny Sonkoue, Chef service de développement durable à la Délégation Régionale de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable de l’Ouest.

Selon Timothée Kagonbé, Coordonnateur National Contribution Déterminée de la Nature / point focal intergovernmental panel on climat change (Cdn/Ippc), « les priorités c’est d’abord le secteur rural de développement. L’agriculture est en premier lieu. C’est la principale source des émissions de gaz à effet de serre. Il est responsable des émissions à 74% pour le Cameroun. Et c’est pour cela qu’il faudrait s’attaquer par-là pour développer le secteur agricole camerounais, mettre en marche avec des financements pour développer ce secteur et accompagner les paysans dans le domaine. La deuxième priorité, c’est au niveau de l’énergie. À ce niveau, il faudrait développer davantage de l’énergie renouvelable à savoir la biomasse, la mini-hydraulique, de l’énergie éolienne, solaire dans les grandes régions de l’Ouest. À l’agriculture, il faut ajouter l’élevage. Il faut noter que des déchets constituent aussi un pan des émissions de gaz à effet de serre parce que le métane issu des déchets, c’est 25 fois le gaz carbonique. Il faut donc s’attaquer à cela. Développer des stratégies de gestion durable des déchets pour réduire les effets de gaz à effet de serre ».

La lutte contre les changements climatiques bénéficie d’une enveloppe évaluée à 127 mille milliards de francs pour La mise en œuvre de ces activités.

Armel Djiogue

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