CAMEROUN : VERS UN AUTRE COUP DE THÉÂTRE ÉLECTORAL POUR CONFORTER LE POUVOIR DE YAOUNDÉ !

COMME AUX SÉNATORIALES, LES OPPOSANTS VONT UNE FOIS DE PLUS ACCOMPAGNER LE RDPC À L’ÉLECTION DE SES CONSEILLERS RÉGIONAUX. TOUT PORTE À CROIRE QUE LES ÉLECTIONS RÉGIONALES VONT SE DÉROULER AVANT LES LÉGISLATIVES ET LES MUNICIPALES. LE PROJET DE LOI ÉTUDIÉ À L’ASSEMBLÉE NATIONALE ANNONCERAIT DÉJÀ SA TENUE IMMINENTE.

0
495

COMME AUX SÉNATORIALES, LES OPPOSANTS VONT UNE FOIS DE PLUS ACCOMPAGNER LE RDPC À L’ÉLECTION DE SES CONSEILLERS RÉGIONAUX. TOUT PORTE À CROIRE QUE LES ÉLECTIONS RÉGIONALES VONT SE DÉROULER AVANT LES LÉGISLATIVES ET LES MUNICIPALES. LE PROJET DE LOI ÉTUDIÉ À L’ASSEMBLÉE NATIONALE ANNONCERAIT DÉJÀ SA TENUE IMMINENTE.

Ce n’est un secret pour personne que le RDPC est majoritaire en ce qui concerne le nombre de conseillers municipaux et un secret de polichinelle que le Projet  de loi no 1047 /PJL/AN fixant le nombre, la proportion par catégorie et le régime des indemnités des conseillers régionaux sera adopté. Toute chose qui démontre à suffisance le jeu gourmand du parti du flambeau ardent pour maintenir à l’écart ses adversaires politiques avec des manoeuvres électorales qui lui permettent de se tailler la part du lion. Ce fut le cas pour les sénatoriales où des observateurs politiques ont décrié la tenue d’une élection dont les résultats étaient connus d’avance.    

Dans le projet de loi en étude, plusieurs dispositions favorisent amplement le parti du flambeau ardent car, le chef de l’Etat par ailleurs président national du RDPC, a la possibilité de signer des textes qui pourraient avantager son parti : « Compte tenu de ce que le département constitue la circonscription électorale, et de la possibilité de procéder à un regroupement ou à un découpage spécial, un décret du président de la République déterminera par département ou le cas échéant par circonscription issue d’un groupement ou d’un découpage spécial, le nombre de conseillers régionaux de chaque catégorie. En ce qui concerne les indemnités, ce projet de loi institue pour les conseillers régionaux, une indemnité de session, les frais de mission et le cas échéant, le remboursement des frais occasionnés par la tenue des sessions dont les montants seront fixés par un décret du président de la République. »

LA TENUE IMMINENTE DES ÉLECTIONS DES CONSEILLERS RÉGIONAUX ET  DES MODALITÉS TAILLÉES SUR MESURE

Dans les antennes ELECAM, les conseillers municipaux s’enregistrent et certains chefs traditionnels tiennent des rencontres allant dans ce sens. Les chefs traditionnels de troisième degré sont élus comme ce fut récemment le cas avec l’élection urgente du chef de quartier Keng à Bandjoun, où après le décès de l’ancien chef le quartier est resté sans dirigeant pendant près de 2 ans. Le projet de loi modifiant et complétant la loi portant code électoral, éclaire sur les modalités de présentation et de constitution des dossiers de candidatures à l’élection des conseillers régionaux. D’un coté pour les délégués départementaux, de l’autre pour les représentants du commandement traditionnel.

Cette modification concerne 3 articles du titre 9 du code électoral relatif à l’élection des conseillers régionaux. L’article 250 précise les modalités de présentation des listes de candidats à l’élection des conseillers régionaux. Les représentants des départements seront investis par les partis politiques. Les listes des représentants du commandement traditionnel quant-à elles, seront conduites par un chef traditionnel de 1er  ou de 2ème degré.

Sur la proportion par catégorie, le présent projet de loi envisage : 70 délégués des départements, 20 représentants du commandement traditionnel. Les délégués des départements sont élus au suffrage universel indirect, les représentants du commandement traditionnel élus par leurs pairs. Les conseillers régionaux sont élus pour un mandat de 5 ans et sont rééligibles. Les délégués départementaux sont élus par un collège électoral composé des  conseillers municipaux et les représentants du commandement traditionnel sont élus par collège électoral composé des chefs traditionnels de 1er, 2ème et 3ème degrés autochtones dont la désignation a été homologuée conforme. D’après les dispositions 230 du Code électoral, la convocation des collèges électoraux se fait pour toutes les régions au moins 45 jours avant la date du scrutin par décret présidentiel.

Signalons que la mise en place des régions est le deuxième échelon de la décentralisation instituée par la constitution du 18 janvier 1996. Le chef de l’Etat habileté selon la constitution à convoquer le corps électoral le fera certainement une fois de plus avant les législatives et les municipales. Un jocker gagnant pour le RDPC qui non seulement détient déjà les chambres haute et basse du parlement camerounais. Seul suspens, la répartition avec les partis de l’opposition.Qui aura quoi dans ce gré à gré ?

Flore KAMGA KENGNE

 

Advertisements