CAMEROUN : LUTTE CONTRE LES FAUX PRODUITS ET LA CONTREFAÇON : LES JOURNALISTES APPELÉS À JOUER LES CHIENS DE GARDE

RESPONSABILITÉ ÉTHIQUE DES ENTREPRISES , RESPONSABILITÉ ÉCONOMIQUE DES CONSOMMATEURS ET RÔLE DU JOURNALISTE, VOILÀ LE THÈME DE LA RENCONTRE QUI S’EST TENUE LE SAMEDI 15 SEPTEMBRE DERNIER À DOUALA.

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RESPONSABILITÉ ÉTHIQUE DES ENTREPRISES , RESPONSABILITÉ ÉCONOMIQUE DES CONSOMMATEURS ET RÔLE DU JOURNALISTE, VOILÀ LE THÈME DE LA RENCONTRE QUI  S’EST TENUE LE SAMEDI 15 SEPTEMBRE DERNIER À DOUALA.

De plus en plus, les citoyens camerounais sont les victimes des produits contrefaits. Malgré les destructions massives des médicaments frelatés, ces produits courent encore nos rues. Dans le secteur de la boisson, on fait face à une floraison de produits non estampillés ou alors contrefaits tout comme dans le secteur de la construction. Pour ce dernier cas, on voit des immeubles pousser comme des champignons dans nos grandes métropoles, les croix de saint André qui sont très souvent ignorés. Des constructions sans aucun respect de normes baptismales qui finissent toujours par occasionner des drames autour de nous ou alors des pertes énormes qui auraient pu être évitées. Le dernier incident en date est l’affaissement d’un segment de la dalle du premier étage du futur hôtel 4 étoiles de 70 chambres le vendredi 07 septembre 2018 à Garoua.

Selon NYEMB NTOOGUE Paul, spécialiste en communication sociétale, RSE /RSO au bureau d’études stratégiques sur les pratiques RSE , l’un des initiateurs de ladite rencontre, les journalistes ont un rôle indispensable à jouer dans le suivi pour permettre aux consommateurs de faire un bon choix sur le marché mais également, pour attirer l’attention des entrepreneurs : « Nous avons baptisé ces rencontres, les rencontres RSE pour attirer l’attention des Hommes de médias notamment , les faiseurs d’opinion parce qu’ils sont des faiseurs d’opinions afin qu’ils participent à la sensibilisation, à la conscientisation des masses en ce sens que notre société est envahie des produits de la contrefaçon, de faux produits et quand je parle de faux produits, je vise tous les domaines : dans l’éducation, vous avez entendu parler et vous entendez parler des faux diplômes. C’est une réalité, les gens ont les faux diplômes dans les entreprises, même dans l’administration. Ça c’est de la contrefaçon, c’est du faux. Il y’a dans le domaine de la santé, de faux médicaments, chaque 12 octobre on célèbre la journée du faux médicament comme pour dire que nous sommes assez exposés. Maintenant dans le domaine de la consommation, la grande consommation, l’agro-alimentaire, nous consommons du n’importe quoi et parfois nous ne nous rendons même pas compte. Nous avalons des produits à base d’eau germes comme nous appelons de faux produits périmés sans toutefois savoir que nous consommons ce type de produit. Le problème c’est que à un moment nous soyons en train de développer des maladies. Nous sommes disposés en fait. Une société qui est basée sur le faux est disposée. Il y’a l’autre domaine de la construction des ouvrages et c’est pour cela qu’une entreprise comme CIMENCAM qui acte dans la démarche de la responsabilité sociétale des entreprises et de l’éthique, accepte venir nous exposer sa démarche étique parce qu’on se rend compte qu’il y’a plusieurs constructions qui s’affaissent du fait par exemple du ciment avec lequel on construit, mais tout simplement avec d’autres matériaux tels que le fer qui sont faux. On se demande alors quel est le rôle du journaliste ?

Le rôle du journaliste est de participer à la sensibilisation, de mener les investigations pour en réalité détecter ce qui est faux et ce qui ne l’est pas. Détecter ce qui est fait et ce qui ne l’est pas là où le consommateur est parfois aveugle. Il ne comprend pas tout. Le journaliste doit avoir un biscuit d’éveil. Il doit creuser , chercher à savoir pour déterminer son rôle, pour pouvoir aller au-delà et mettre à la disposition du public la bonne information afin que le consommateur puisse dans ses composantes, faire la différence entre le bon et le mauvais, entre l’utile et l’agréable, le juste et le faux. »

LA RESPONSABILITÉ  SOCIÉTALE DES ENTREPRISES

Il était également question au cours de ce séminaire, d’inviter les Entreprises à prendre en compte, le respect des normes mais aussi d’interpeller leur conscience professionnelle. NGUINSOM Roger chargé RSE de CIMENCAM : « C’est une rencontre sollicitée pour apprécier le contexte ambiant aujourd’hui qui est celui des grands chantiers structurants, d’une démographie galopante et du marché immobilier qui est vraiment beau et assez important. Malheureusement ce qui est entaché par les effondrements et il y’a des habitations qui sont parfois pas construit dans le respect de la réglementation. l’une des premières choses qui sautent aux yeux lorsqu’on voit les constructions ce sont les parpaings qui sont écroulés, les parpaings qui ne sont pas fait avec du bon ciment même si dans le marché de la cimenterie on n’a pas ou très peu le ciment contrefait. On tronque du ciment et si ce n’est pas au Cameroun, on peut avoir de la contrebande qui peut entrer dans les pays, dans les zones périphériques par des frontières. Dans ce qui entre dans la construction d’un bâtiment en général, vous avez des produits électroniques, des fers à bétons qui sont des secteurs qui flottent parfois avec l’informel et on a beaucoup produits qui sont contrefaits. Donc la cimenterie est intervenue à cette rencontre pour préciser que pour ce qui est du ciment, il n’y a pas de contrefaçon. »

Les journalistes conscients de leur rôle en tant que chiens de garde de la société, ont dit mettre un accent sur la sensibilisation des populations même si un travail de fond est souvent fait pour une population qui quelque fois fait la sourde oreille face à la mise en garde des hommes et femmes de médias. Le cas de l’alcool frelaté et le whisky en sachet en est une parfaite illustration.

Mireille BAKAM(stagiaire) et Flore KAMGA KENGNE

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