CAMEROUN : CULTURE : 417ème ÉDITION DU FESTIVAL BIENNAL NGOU-NGOUNG

LE PEUPLE BALENG VIENT DE DÉMONTRER SA RICHESSE CULTURELLE À TRAVERS UNE GRANDE PARADE À LA PLACE DES FÊTES DE LA CHEFFERIE. LA FERMETURE DES RIDEAUX SUR L’ÉDITION 2018 DU FESTIVAL SOCIO-CULTUREL DES LONGSAP S’EST FAITE JEUDI DERNIER EN PRÉSENCE DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DU MINISTÈRE DES ARTS ET DE LA CULTURE.

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LE PEUPLE BALENG VIENT DE DÉMONTRER SA RICHESSE CULTURELLE À TRAVERS UNE GRANDE PARADE À LA PLACE DES FÊTES DE LA CHEFFERIE.

LA FERMETURE DES RIDEAUX SUR L’ÉDITION 2018 DU FESTIVAL SOCIO-CULTUREL  DES LONGSAP S’EST FAITE JEUDI DERNIER EN PRÉSENCE DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DU MINISTÈRE DES ARTS ET DE LA CULTURE.

Pendant 8 jours, les jeunes ressortissants Baleng de sexe masculin ont suivi comme de coutume après chaque 2 ans, des rites d’initiations. Un événement dont l’apothéose se traduit par la grande parade à la Place des Fêtes de la chefferieEncore appelée parade des initiés et des castes traditionnels :

«  Il y’en a une vingtaine et c’est la hiérarchisation de la société Baleng, chaque société a son rôle. La première sortie, les gens traçaient la route de la main gauche et c’est les combattants de malheurs dans le village Baleng. Pendant la saison sèche on peut les envoyer cueillir la pluie et  ils font toutes sortes de bénédictions dans le village. Ils chassent le mal et ramènent le bonheur. Quand ils dispersent leur terre là et quand vous êtes malades, vous appliquez cela sur les parties souffrantes et vous êtes soulagés. Même les femmes qui n’ont pas eu la chance de procréer à temps, quand ils leurs font ces concoctions là, beaucoup conçoivent. Le rôle des autres sociétés secrètes c’est que ce sont les castes de la forêt sacrée. De temps en temps quand un jeune initié sent qu’il a dépassé tel âge ou telle classe, il entre dans une société secrète. On les classe par ordre de mérites en commençant par  les princes,  les notables, les serviteurs, mais les classes sont tellement organisées  en groupe de 2 ou 5 en fonction du nombre  d’initiés et c’est ça la manifestation de la culture et  surtout de la richesse du peuple Baleng. Pour montrer que tu es un Homme de valeur à Baleng, il faut adhérer au moins à 2 sociétés secrètes et passer au marché avec tes enfants ou ta plus jeune femme de temps en temps  pour qu’on sache que tu es un nouvel homme à Baleng. Des costumes tissés en arbre de paix : les prêtres initiateurs, c’est eux qui font et défont les rites  d’initiation le NgouNgoung à Baleng. Si un seul de ces 7 personnes manquent, tout va être annulé mais, ça ne veut pas dire qu’il peut choisir de manquer par méchanceté sinon le chef procède immédiatement à son remplacement avec toutes les bénédictions de la société sécrète. Donc, c’est eux qui ouvrent  et clôturent. Ils ne sont pas allés de l’autre coté, ils sont sortis directement de la forêt sacrée. Ils se sont alignés là-bas pour entrer et le chef  leurs a dit OK, ce qui signifie que l’année de NGOU–NGOUNG ci est complète, elle est parfaite. Le désordre et l’entêtement peut emmener à défaire l’initiation. On ne donne pas le contenu de l’initiation aux étrangers. C’est un secret »Ainsi est présentée la grande parade par TAGNE TAKAMGHO, un notable Baleng.

BALENG ET FIER DE SA CULTURE

Evalués à plus de 10.000 festivaliers, nombreux sont les ressortissants Baleng qui partent des zones urbaines pour séjourner en terre natale pendant la semaine d’initiation et placent la grande parade au centre de leur agendas, à l’instar de FOTIO NOUGOU Emmanuel le conseiller auprès du conseil des notables de Bertoua : « particulièrement, je ne peux pour rien au monde manquer le festival Biennal NgouNgoung. J’ai initié mes trois enfants lors de cette édition 2018. Je suis parti de Bertoua pour ça ».

Comme ce longsap venu de Bertoua pour l’événement, plusieurs fils et filles Baleng sont partis de plusieurs villes lointaines au village et même de l’Europe pour vanter leurs cultures. L’engouement se dessinant sur leurs visages avec l’expression d’une joie à nulle autre pareille, surtout lors de la sortie solennelle du roi Fô NEGOU II porté en triomphe par ses notables:

« Nous sommes venus au village pour célébrer notre culture. Même quand on n’a pas l’argent de transport, on emprunte avant de chercher à rembourser au retour. Nous ne  pouvons pour rien au monde rater ce moment culturel. Surtout que c’est une fois les deux ans »! Lance un groupe de femmes à notre micro.

Entre temps, les curieux venus découvrir le festival s’interrogent sur certaines pratiques comme le masque à l’huile de vidange qui pour plusieurs déclarent-ils, n’entrent pas dans les pratiques culturelles ou alors rendent barbare la culture du fait des problèmes sanitaires qui pourraient s’en suivre.

Coté organisationnel, le vivre ensemble aura été la leçon particulière de cette 417ème édition selon Paul KONGNE, président du comité national d’organisation : « Vous observez le parterre des différents rois qui sont partis  du Centre, du Littoral, du Nord-Ouest  et les différents chefs de communauté résidents dans la Mifi qui sont là. Ce qui suppose que le festival est un événement qui rassemble, permet de traverser des barrières, et contribue à renforcer le vivre ensemble. Aucune bousculade n’a été observée dans la tribune et en face. Nous, comité nationale d’organisation, en sommes satisfaits ».

Placé sous le thème : « Ensemble, valorisons les ressources et cultures Baleng pour un développement durable », cette édition a connu l’exposition des produits locaux avec au finish 10 meilleurs récipiendaires retenus pour la qualité de leurs produits.

Le roi NEGOU II a également reçu du chef de l’État représenté par le Secrétaire Général du ministère des Arts et de la Culture, des médailles de travail en or, argent et vermeil. Rendez-vous a été pris en 2020 pour la prochaine édition, soit la 418ème.

Flore KAMGA KENGNE

 

 

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